Le Bureau régional d’ONU Femmes pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (WCARO) marque les 16 Jours d’activisme pour mettre fin à la violence numérique envers toutes les femmes et filles
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ONU Femmes Afrique de l’Ouest et du Centre (WCARO) est fier de lancer la campagne des 16 Jours d’activisme contre la violence basée sur le genre, du 25 novembre au 10 décembre 2025. Cette année, la campagne, placée sous le thème « UNiTE pour mettre fin à la violence numérique envers toutes les femmes et filles », appelle à une action urgente face à l’une des violations des droits humains les plus répandues de notre époque. Malgré l’absence de données mondiales comparables, des études estiment que la prévalence de la violence numérique à l’égard des femmes et des filles varie entre 16 % et 58 %.
La violence numérique est une crise des droits humains – et une urgence régionale. À travers l’Afrique de l’Ouest et du Centre, la violence numérique s’intensifie, notamment dans les zones touchées par les conflits comme le Sahel, le bassin du Lac Tchad et l’est de la RDC, où les défenseures des droits humains subissent des attaques coordonnées en ligne. Les femmes très visibles dans l’espace public – journalistes, défenseures des droits humains, femmes politiques, militantes féministes – ainsi que les jeunes femmes, sont particulièrement exposées. Une journaliste sur quatre et une parlementaire sur trois déclarent avoir reçu des menaces de violence physique en ligne, y compris des menaces de mort. Dans les contextes humanitaires, la violence numérique s’entrecroise avec le déplacement, la vulnérabilité économique et l’accès limité à la justice.
Les cadres régionaux, dont la Convention de l’UA sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles (2025), reconnaissent la violence dans le cyberespace et appellent à la protection des femmes et filles déplacées, apatrides et réfugiées. Nous exhortons les gouvernements à aligner leurs lois nationales sur le Protocole de Maputo et la Convention de l’UA, afin de faire appliquer une législation sur la violence numérique avec des systèmes de justice centrés sur les survivantes et sensibles au genre.
Nous saluons l’élaboration du Pacte numérique africain par l’UA et encourageons les États membres à promouvoir une approche de son utilisation et de sa mise en œuvre qui garantisse la sécurité et l’accès des femmes et des filles dans ces espaces.
Les entreprises technologiques doivent faire partie de la solution. L’Afrique de l’Ouest et du Centre est un foyer d’innovation numérique remarquable – les entrepreneurs, start-ups et communautés digitales de la région créent de nouvelles opportunités de connexion, d’autonomisation et de croissance économique. Ces innovations démontrent le potentiel de la technologie pour impulser un changement positif pour les femmes et les filles.
Dans le même temps, les plateformes technologiques peuvent amplifier la misogynie et manquent souvent de mécanismes de protection efficaces pour les femmes. La responsabilité des développeurs est limitée et il n’existe pas de norme régionale en matière de sécurité des plateformes. Ce n’est pas seulement un défi, mais aussi une opportunité : en travaillant ensemble, nous pouvons établir de nouvelles normes de transparence, de sécurité dès la conception et d’environnements numériques centrés sur les survivantes. Nous appelons les entreprises technologiques à unir leurs forces avec les gouvernements, la société civile et les coalitions pour la sécurité numérique afin de surveiller les plateformes, plaider pour une conception centrée sur les survivantes et garantir que l’avenir numérique soit sûr et porteur d’autonomisation pour toutes les femmes et filles.
Les organisations de défense des droits des femmes et les mouvements féministes montrent la voie – mais ont besoin de ressources. Ces organisations sont en première ligne pour la sécurité numérique et le soutien aux survivantes, mais restent sous-financées, surtout dans les zones de conflit et rurales. Nous appelons les partenaires à financer les organisations féministes en tant que premiers intervenants et à prioriser le soutien à la littératie numérique, aux services aux survivantes et au renforcement des mouvements dans les contextes fragiles.
Les jeunes et les hommes doivent être mobilisés pour changer les normes et mettre fin aux récits nuisibles en ligne. La misogynie en ligne se propage rapidement chez les jeunes hommes et garçons. Sans engagement proactif, les masculinités toxiques continueront d’alimenter la violence en ligne et hors ligne. Nous encourageons l’investissement dans des campagnes de prévention et de littératie numérique menées par les jeunes, ainsi que la mobilisation d’influenceurs masculins et d’éducateurs pour combattre la misogynie et promouvoir un comportement numérique respectueux.
La littératie numérique est une protection – surtout pour les plus marginalisées. Les femmes et filles ayant un accès limité aux outils et à l’éducation numériques sont plus exposées à l’exploitation, à la surveillance et à la violence économique. Les campagnes de désinformation, le harcèlement en ligne des défenseur·e·s des droits en santé sexuelle et reproductive, et la censure des informations sanitaires fiables augmentent dans la région. Nous appelons à intégrer la sécurité numérique dans les programmes scolaires et communautaires, à investir dans la littératie numérique en santé et à garantir un accès équitable à des outils numériques sûrs et abordables.
Durant ces 16 Jours, ONU Femmes WCARO amplifiera la voix des survivantes, promouvra la littératie numérique et travaillera avec les gouvernements, la société civile et le secteur privé pour que chaque femme et fille puisse participer pleinement et en toute sécurité – en ligne comme hors ligne. Nous invitons chacun·e à porter du orange, à partager des histoires et à faire entendre sa voix. Les 16 Jours d’activisme ne sont pas qu’une campagne – c’est un appel à l’action personnelle et collective, et à la responsabilité, soulignant que chaque femme et chaque fille mérite de vivre à l’abri de la violence.
UNiTE pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles dans notre région et au-delà.