L’offre des femmes congolaises pour une paix durable en RDC
« Nous, femmes congolaises, exigeons la paix—pas demain, mais aujourd’hui », a exhorté Mme Julienne Lusenge qui intervenait au nom des femmes congolaises. Julienne Lusenge est militante qui consacre sa vie, depuis plusieurs années, à soutenir les femmes victimes de violences sexuelles et à défendre leurs droits en République démocratique du Congo (RDC).
Près de 200 femmes congolaises, réunies à l’occasion de l’atelier de validation, ont lancé un appel fort en faveur de la cessation immédiate des hostilités dans la partie Est de la République Démocratique du Congo, actuellement déchirée par des conflits armés. Le document validé a été élaboré par l’ensemble des femmes à travers un processus inclusif et participatif, reflétant les préoccupations, priorités et recommandations des femmes et filles issues de différentes provinces et secteurs du pays.
Ces femmes bâtisseuses de paix ont, au cours de la cérémonie de présentation organisée le 23 juin 2025 à Kinshasa, remis officiellement la Note de Plaidoyer à Mme Thérèse Kayikwamba Wagner, Ministre d’État et Ministre des Affaires étrangères de la RDC. À cette occasion, la Ministre s’est engagée à porter les voix des femmes aux instances de décision au niveau régional, continental et international, affirmant ainsi son soutien à leur engagement pour une paix durable et inclusive.
Elle a rassuré les femmes que la RDC usera son mandat au Conseil de Sécurité de l’ONU pour défendre la mise en œuvre effective de la résolution 1325 relative à l’agenda Femmes, Paix et Sécurité pour un monde plus juste et des processus de paix plus inclusifs.
« La voix des femmes, lorsqu’elle s’élève pour exiger la paix, mérite d’être écoutée avec attention, respect et diligence », a-t-elle déclaré. Elle s’est réjouie que la note de plaidoyer des femmes congolaises arrive à un moment crucial, car elle est un appel pressant à l’action, à la responsabilité et à la solidarité nationale et internationale.
L’est de la RDC ne peut plus attendre— au 17 juin 2025, rien qu’au Nord Kivu, environ 2 millions de personnes ont été contraintes de fuir leurs domiciles, selon l’ONU. Au-delà de chiffres, ce sont en majorité des femmes et des enfants arrachés à leurs foyers, à leurs terres, à leur dignité.
La note de plaidoyer des femmes est le fruit d’un travail collectif, inclusif et participatif à travers la RDC. Elle a été élaborée par la Synergie des Femmes congolaises pour la paix et la sécurité (SFCPS). Il s’agit en effet d’une offre des femmes congolaises en faveur d’une paix durable en RDC et dans la région des Grands Lacs.
A titre d’exemple, les femmes exigent leur l’inclusion effective dans tous les processus de paix en cours, l’ouverture d’un couloir humanitaire à Goma (Nord-Kivu) et Bukavu (Sud-Kivu), la protection des défenseurs des droits humains, l’accès aux financements pour soutenir les initiatives des femmes pour la paix et le développement.
Cette note de plaidoyer n’est pas un simple rapport. Il s’agit véritablement d’un agenda de paix qui devra être soutenu, pris en compte et valorisé pour qu’il ne demeure pas une lettre morte, mais plutôt une feuille de route vivante qui impulse une paix inclusive et durable en RDC.
« Pour ONU Femmes, soutenir cet agenda n’est pas une option mais, c’est notre mandat », a souligné M. Adama Moussa, Représentant résident ONU Femmes en RDC. Saluant les efforts des femmes congolaises pour le retour de la paix, il a rappelé qu’il ne peut y avoir de paix durable sans les femmes au cœur des processus de paix.
L’initiative de plaidoyer des femmes congolaises est soutenue par le gouvernement norvégien en collaboration avec ONU Femmes et l’Unité genre de la MONUSCO. L’événement du 23 juin 2025 a réuni des femmes leaders et médiatrices, des partenaires institutionnels dont le ministère des Affaires étrangères, le ministère du Genre, Famille et Enfant et le ministère des Personnes vivant avec Handicap ; des partenaires techniques et financiers, le corps diplomatique et des acteurs de la société civile.
Après l’étape de Kinshasa, les femmes congolaises comptent poursuivre leur plaidoyer auprès d’autres acteurs clés au niveau régional et international dans les mois qui suivent.