Cameroun : ONU Femmes place l’autonomisation et les droits des femmes vivant avec le VIH au cœur de l'agenda de développement.

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Mme Marie Pierre Raky Chaupin, Représentante résidente d’ONU Femmes au Cameroun, aux côtés du Dr Secka, Chef de la CLINIC UN, et du Dr Taoufik, Représentant de l’ONUSIDA au Cameroun, lors de l’atelier de consultation avec les personnes vivant avec le VIH (PVVIH).
Mme Marie Pierre Raky Chaupin, Représentante résidente d’ONU Femmes au Cameroun, aux côtés du Dr Secka, Chef de la CLINIC UN, et du Dr Taoufik, Représentant de l’ONUSIDA au Cameroun, lors de l’atelier de consultation avec les personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Photo: ONU Femmes Cameroun / Susie Noche

Dans le cadre de son mandat pour l’égalité des sexes et fidèle au principe de « Ne laisser personne de côté », ONU Femmes Cameroun a organisé, le 29 juin 2026, un atelier d’échange et de partage avec les femmes vivant avec le VIH/SIDA. Présidée par la Représentante Résidente d'ONU Femmes, cette rencontre a réuni 35 participant/es, incluant des réseaux communautaires majeurs (ICWCA, RECAP+, RECAJ+, CCAF+), des ministères sectoriels (MINPROFF, MINAS), ainsi que des agences et experts du Système des Nations Unies (OMS, ONU SIDA). 


Conçu comme un espace sûr de dialogue, cet atelier visait à placer la voix des femmes-PVIH au centre des réponses multisectorielles et à identifier des solutions durables adaptées à leurs réalités quotidiennes.


Si le Cameroun enregistre des progrès médicaux notables, notamment grâce à la stratégie « Test and Treat » en vigueur depuis 2016 et aux données encourageantes de l'enquête CAMPHIA 2024-2025, l'épidémie affiche toujours un visage féminin. Les statistiques analysées lors des travaux révèlent une féminisation persistante et préoccupante du VIH : En effet, les femmes représentent près des deux tiers des personnes vivant avec le virus dans le pays (soit plus de 331 000 femmes sur 503 000 adultes). Plus alarmant encore, les adolescentes et jeunes femmes de 15 à 24 ans concentrent près de 19 % des nouvelles infections. Ces disparités sont causés par des facteurs structurels tels que les violences basées sur le genre, les inégalités dans l’accès au pouvoir de décision, les barrières socio-économiques et l'accès limité à la santé sexuelle et reproductive.

Participants à l’atelier de consultation avec les personnes vivant avec le VIH (PVVIH), en présence de Dr Danièle Simnoue, représentant l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), et de M. Ngue Badje Noe, représentant du Ministère des Affaires sociales (MINAS).
Participants à l’atelier de consultation avec les personnes vivant avec le VIH (PVVIH), en présence de Dr Danièle Simnoue, représentant l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), et de M. Ngue Badje Noe, représentant du Ministère des Affaires sociales (MINAS). Photo: ONU Femmes Cameroun / Susie Noche

Au-delà des aspects purement cliniques, les témoignages poignants des participantes ont mis en lumière la lourdeur des conséquences sociales de la maladie. L'annonce du diagnostic s'accompagne trop souvent d'anxiété, de dépression et d'isolement, tandis que la stigmatisation et les discriminations persistent au sein des familles et des communautés. 
Face à ces défis, la santé mentale, l’accompagnement psychosocial et, de manière cruciale, l’autonomisation économique sont apparus comme des leviers indispensables à la dignité et à la résilience des patientes. À cet effet, les représentants du MINPROFF et du MINAS ont rappelé l'existence de dispositifs publics d'accompagnement et de formation professionnelle (via les Centres de Promotion de la Femme et de la Famille), encore trop peu connus ou exploités par les principales bénéficiaires.


L’atelier s’est conclu par la formulation de recommandations stratégiques visant à alimenter les priorités de la prochaine notre stratégique d’ONUFEMMES au Cameroun. 
À l'endroit du Gouvernement, des partenaires techniques et d'ONU Femmes elle-même, les participants ont plaidé pour une meilleure intégration du genre dans la réponse nationale, un renforcement du soutien financier aux organisations communautaires, et une facilitation de l'accès aux programmes d'entrepreneuriat. 


En réaffirmant son engagement aux côtés de l'État du Cameroun, ONU Femmes démontre à travers cette initiative que la lutte contre le VIH doit impérativement dépasser la seule réponse sanitaire pour embrasser pleinement les enjeux de justice sociale, de droits humains et d'autonomie financière des femmes.