Faire Progresser les Droits des Femmes et l’Accès à la Justice en RDC : l’Engagement de Nelly Mbangu
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Être femme activiste dans une région où les groupes armés dictent souvent leur loi est un acte de bravoure quotidien. Dénoncer les violences peut parfois constituer des risques mais aussi des menaces.
Pourtant, certaines femmes choisissent de se tenir debout. Elles sont en première ligne de l'action humanitaire. Elles travaillent pour réconcilier des communautés là où les conflits divisent.
Parmi elles, Nelly Mbangu, une avocate et défenseuse des droits humains originaire du Nord-Kivu. Elle a grandi dans une région marquée par l’instabilité. Sa lutte pour l’accès à justice et la protection des droits des femmes, inspire de nombreuses femmes et filles en République démocratique du Congo.
En 2025, lorsque la ville de Goma est tombée sous le contrôle du groupe rebelle Mouvement du 23 mars (M23), elle a été contrainte de fuir vers une zone plus sûre.
A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, elle a accepté de témoigner sur les droits des femmes, aujourd’hui, confrontés à des défis majeurs.
Depuis des années, Nelly milite pour la défense des droits des femmes et des enfants congolais, fournit une aide juridique aux survivantes de violences sexuelles basées sur le genre et leur donne les moyens de se relever. Elle coordonne également Sauti ya Mama Mukongomani, un mouvement pour la paix réunissant plus de 30 organisations de femmes.
Récemment, elle gagné le Prix de l'amitié franco-allemande pour les droits humains (2025), un prix qui vient couronner sa lutte sans relâche pour l’accès à la justice, la promotion des droits humains, et des femmes en particulier.
« J'ai toujours dit qu'après la violence, il y a la vie. Il y a une vie, parce que je l'ai vécue. Je me suis battue pour devenir ce que je suis aujourd'hui. Je crois donc qu'après chaque acte de violence, si vous continuez à croire en votre force, en votre potentiel, vous ne perdez jamais vraiment. Après la violence, il y a la vie. Et s'il y a de la vie, il y a de l'espoir ».
Malgré des avancées politiques sur l’égalité des sexes, l’accès à la justice, surtout pour les femmes, est semé d’embûches, notamment en raison de l’insécurité persistante, la distance géographique, des normes socioculturelles discriminatoires profondément ancrées, de la pauvreté et des risques de harcèlement sexuel.
Nelly pense que la justice renforce la démocratie et l’état de droit. Parmi les obstacles à l’accès à la justice en RDC, elle cite notamment, l’ignorance des femmes vis-à-vis de leurs droits, un facteur qui s’explique par le taux élevé d’analphabétisme, une faible application des lois et l’insécurité qui fragilise l’appareil judiciaire dans certaines zones.
Face à ces défis, elle plaide pour le recours à la justice transitionnelle, un mécanisme visant à restaurer la dignité des survivantes et à lutter contre l’impunité dans les régions affectées par les conflits.
A travers le projet « Nakataa Ujeuri Kwetu », financé par ONU Femmes, elle a mis en place des groupes des Femmes défenseuses des droits des femmes. Ces groupes sensibilisent aujourd’hui d’autres femmes sur leurs droits, une dynamique qui renforce le travail en synergie dans la lutte contre les violations des droits humains y compris les violences basées sur le genre. Avec son équipe, Nelly Mbangu a mis également en place un mécanisme d’alerte précoce pour documenter les cas des violations des droits des femmes.
Nelly Mbangu rappelle que les droits des femmes sont des droits humains. Ils ne doivent pas seulement être proclamés. Ils doivent être appliqués. Et surtout, ils doivent être vécus par les femmes.
Cette histoire a été recueillie et rédigée par Ephrem Chiruza, expert en communication (RDC), dans le cadre de la campagne régionale Justice en action: Briser les barrières en Afrique de l’Ouest et du Centre.