Levée d’amitié : après la CSW70, une dynamique régionale se structure autour de l’accès effectif à la justice en Afrique de l’Ouest et du Centre

Date:

Levée d’amitié : après la CSW70, une dynamique régionale se structure autour de l’accès effectif à la justice en Afrique de l’Ouest et du Centre 

Les ministres de la région mobilisés autour des engagements de la CSW70 lors de la levée d’amitié. Capture d’écran : ONU Femmes
Les ministres de la région mobilisés autour des engagements de la CSW70 lors de la levée d’amitié. Capture d’écran : ONU Femmes


13 mai 2026, Dakar - Le débrief régional post-CSW70 a confirmé une orientation largement partagée par les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre : garantir un accès effectif à la justice pour les femmes et les filles.
 
Transformer l’unité politique de la CSW70 en résultats concrets pour les femmes et les filles
 
Deux mois après une Commission de la condition de la femme (CSW) marquée par des tensions inédites autour des droits des femmes, et l’adoption pour la première fois en 70 ans des conclusions agréées par vote, le Bureau régional d’ONU Femmes pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre a réuni les ministres en charge du Genre de la région dans le cadre d’une levée d’amitié consacrée à la mise en œuvre des engagements de la CSW70.
 
Dans un contexte international marqué par une polarisation croissante autour des droits des femmes, les participants ont réaffirmé la nécessité de défendre des positions africaines coordonnées sur des questions devenues particulièrement sensibles, notamment l’accès à la justice, les réformes juridiques et les droits sexuels et reproductifs.
 
Dès l’ouverture des travaux, le Directeur régional d’ONU Femmes pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Dr Maxime Houinato, a rappelé que la crédibilité politique acquise à New York engage la région à produire des résultats concrets pour les femmes et les filles.
 
Cofacilitateur des négociations africaines à la CSW70, le Mali, représenté par une délégation interministérielle réunissant les ministères de la Justice, de la Refondation, de la Promotion de la Femme et des Affaires étrangères, a appelé à accélérer la mise en œuvre des engagements avant la prochaine CSW71.
 
De manière connexe, Mme Khady Florence Dabo Correia, ministre de la Femme et de la Solidarité sociale de la Guinée Bissau, a indiqué que l’opérationnalisation des recommandations de la CSW70 constitue une nécessité.
 
Dans cette dynamique, la ministre des Affaires sociales et de l’Égalité de genre de Guinée équatoriale, Mme Maria Consuelo Nguema Oyana, a insisté sur l’importance de l’apprentissage entre pays et de la coopération régionale pour renforcer l’efficacité des réponses apportées.
 
Les ministres présentes se sont également accordées sur plusieurs axes de travail pour les prochains mois, parmi lesquels le renforcement de la coordination régionale et le développement de réponses rapidement applicables au niveau national.
 
L’accès effectif à la justice comme priorité d’action dans la région
 
Les échanges ont consacré une orientation claire en faveur de mécanismes de justice ancrés dans les réalités locales et capables d’apporter des réponses concrètes aux violences subies par les femmes et les filles.
 
« L’accès à la justice constitue un levier indispensable pour assurer l’effectivité des droits fondamentaux des femmes et des filles », a estimé Mme Armande Longo épouse Moulenguie, ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts du Gabon.
 
Du Mali au Cabo Verde, en passant par la Sierra Leone et la Guinée équatoriale, plusieurs pays ont présenté des dispositifs de proximité comme les One Stop Centers, les mécanismes communautaires de prise en charge, les centres intégrés d’accompagnement psychosocial des survivantes ou le renforcement des partenariats institutionnels.
 
La vice-ministre en charge du Genre du Liberia, Mme Laura Golakeh, a plaidé pour des réponses davantage adaptées aux réalités vécues par les femmes éloignées des systèmes formels de protection. Dans la même logique, la ministre des Affaires féminines du Nigeria, Mme Imaan Sulaiman Ibrahim, a mis l’accent sur des approches associant justice communautaire, protection sociale et accompagnement des survivantes.
 
La session a également permis d’identifier de nouveaux défis liés aux violences numériques et à l’intelligence artificielle, tout en soulignant les opportunités offertes par les outils numériques pour renforcer l’accès à l’information, à la protection et aux mécanismes de prise en charge.
 
Des mécanismes de proximité au cœur des réponses proposées
 
Face aux inquiétudes liées à la montée des violences basées sur le genre et des féminicides, alors même que les financements consacrés aux politiques d’égalité se fragilisent, plusieurs pays ont mis en avant des stratégies combinant prévention, protection sociale et dispositifs de proximité.
 
La ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille du Cameroun, Professeur Marie Thérèse Abena Ondoa, a appelé à renforcer l’implication des communautés, des hommes et des jeunes dans les efforts de prévention.
 
Au nom de la Sierra Leone, la ministre de l’Égalité des sexes et de l’Enfance, Mme Isata Mahoi, a rappelé l’importance de renforcer les mécanismes de protection sociale et l’accès à la justice dans les zones rurales et les contextes les plus vulnérables.
 
Prenant la parole pour le Cabo Verde, la présidente de l’Institut cap verdien pour l’Égalité et l’Équité de genre, Mme Marisa Carvalho, a mis en avant les résultats obtenus grâce à une coordination étroite entre justice, protection sociale et société civile.
 
Une séquence régionale appelée à se poursuivre
 
Cette réunion ministérielle constitue la première étape d’une séquence régionale plus large de Friends Raising Series autour de la mise en œuvre des engagements de la CSW70.
 
Les discussions se poursuivront le 4 juin avec les organisations de la société civile, puis le 5 juin avec les partenaires techniques et financiers afin de consolider les priorités identifiées et renforcer les conditions de leur application au niveau national et régional.
 
Au-delà des négociations menées à New York, l’enjeu est désormais de transformer l’unité politique affichée pendant la CSW70 en résultats visibles pour les femmes et les filles.