À Yaoundé, ONU Femmes appelle à transformer les données en décisions pour les femmes et les filles.
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Yaoundé, Cameroun — La première édition conjointe du Forum africain sur les statistiques de genre et de l’enfant (AGCSF 2026) s’est ouverte le 6 juillet à Yaoundé, réunissant instituts nationaux de statistique, organisations régionales, agences des Nations Unies et partenaires au développement autour de l’objectif partagé de renforcer les systèmes statistiques africains afin que les données protègent effectivement les droits des femmes, des filles et des enfants.
Plus de trente ans après Beijing, un cri d’alerte.
S’exprimant au nom du Dr Maxime Houinato, Directeur régional d’ONU Femmes pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Madame Marie Pierre Raky Chaupin, Représentante pays d’ONU Femmes au Cameroun, a placé l’ouverture du Forum sous le signe de l’urgence et de la responsabilité. Elle a rappelé que l’exigence de Beijing ne se mesure ni aux déclarations ni aux intentions, mais à la capacité collective de savoir « où les inégalités persistent », « où les progrès restent fragiles » et « où nos décisions peuvent avoir le plus d’impact ».
Des données pour éclairer les décisions et rendre les droits effectifs
Au cœur du message porté par ONU Femmes, une conviction a été réaffirmée avec force. « Les statistiques rendent visibles des réalités. Elles mettent en lumière des inégalités. Elles éclairent les décisions. Et elles transforment des engagements en résultats. » En retraçant les étapes du parcours de vie des femmes et des filles, de l’enfance à la santé maternelle, de l’autonomisation économique à la participation aux instances de décision, en passant par la lutte contre les violences, Madame Chaupin a rappelé la portée concrète des statistiques de genre, capables d’indiquer où les droits restent à garantir, où les politiques doivent être renforcées et où les investissements auront le plus d’impact. « Derrière chaque donnée, il y a une femme. Une fille. Un droit qui reste à garantir. Une injustice qui peut être corrigée. Une opportunité qui peut être créée. »
Women Count, une ambition structurante soutenue par l’AFD
Dans cette perspective, Madame Chaupin a mis en avant Women Count, le programme de référence d’ONU Femmes pour le renforcement des statistiques de genre, qui bénéficie du soutien financier de l’Agence française de développement en Afrique de l’Ouest et du Centre, comme un cadre structurant pour faire converger méthodologies, capacités nationales et mobilisation des décideurs afin que les données produites conduisent à de meilleures décisions pour les femmes et les filles.
Dans la même ligne, les interventions de William Muhwava, Chef des statistiques démographiques et sociales, Centre africain des statistiques, Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, de Madame Ramou Ndure, Directrice régionale adjointe, Bureau régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, de Léandre Bassolé, Directeur général, Banque africaine de développement pour l’Afrique centrale, de Lindiwe Patience Mugabe, Spécialiste de programme, Direction Femmes, Genre et Jeunesse, STATAFRIC, Commission de l’Union africaine, ainsi que de Joseph Tedou, Directeur général, Institut national de la statistique du Cameroun, ont réaffirmé la nécessité de données de qualité pour guider les choix et accélérer les progrès de manière tangible .
En clôture, l’allocution d’ONU Femmes a inscrit ce rendez-vous dans un horizon de redevabilité. « Dans trente ans, une nouvelle génération regardera le chemin parcouru. Elle ne nous demandera pas combien de bases de données nous avons créées. Ni combien d’indicateurs nous avons produits. Elle nous demandera si nous avons tenu la promesse faite à Beijing. » Et de rappeler l’essentiel. « Les statistiques nous disent où nous en sommes. Mais nos décisions diront qui nous voulons devenir. » Les travaux se poursuivront tout au long de la semaine.
Contact presse :
Tabara Yacine Lo, Spécialiste régionale en communication, ONU Femmes, Afrique de l’Ouest et du Centre
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