La RDC fait un pas en avant vers la tolérance zéro contre les violences basées sur le genre

Date : mardi 1 septembre 2020

Excellence Madame Béatrice Lomeya, Ministre du Genre, Famille et Enfant, RDC
Excellence Madame Béatrice Lomeya, Ministre du Genre, Famille et Enfant, RDC. Crédit photo: Carlos Ngeleka/ONU Femmes RDC

Les femmes et les filles de République démocratique du Congo sont toujours les premières victimes des conflits et des pratiques socioculturelles qui les relèguent au second plan. En 2018, plus de 35 000 cas de violences sexuelles ont encore été enregistrés, dont la majorité à l’Est du pays. Durant l’épidémie de la COVID-19, le nombre de cas de violences a augmenté de 99% dans la province du Nord Kivu. Pour répondre à ce fléau, la Vice-Ministre du Plan et la Ministre d’État du Genre, Famille et Enfant ont lancé la Stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre révisée (SNVGB) ce jeudi 27 août 2020 à Kinshasa.

Cette révision vise à éliminer toutes les formes de violences faites aux femmes en République démocratique du Congo et à définir un cadre de référence pour la prévention des crimes et la prise en charge des survivantes. La SNVGB révisée contient une nouvelle définition qui englobe tous les aspects des VBG, y compris les violences domestiques. La spécificité́ de la lutte contre les VBG dans les situations humanitaires est aussi prise en comptee. Enfin, la responsabilité́ du Gouvernement est renforcée et son champ d’action est étendu à tout le territoire.

Excellence Madame Élysée Munembwe, Vice-Ministre du Plan, RDC.
Excellence Madame Élysée Munembwe, Vice-Ministre du Plan, RDC. Crédit photo: Carlos Ngeleka/ONU Femmes RDC

De nombreux invités de haut niveau et des médias ont assisté à l’événement, qui était aussi retransmis en direct par vidéoconférence. Ainsi, les ministres régionaux et des invités de toutes les provinces de RDC et de l’étranger ont également pu se joindre à la célébration, ce qui été grandement apprécié par les participants.

Madame Ndiaye Seck, Représentante Résidente de ONU Femmes en RDC, a eu l’honneur d’intervenir durant la cérémonie. En rapportant les encouragements de la Directrice Exécutive de ONU Femmes, elle a appelé à impliquer toutes les femmes, les filles, les hommes et les garçons dans la mise en œuvre, pour que ce nouveau document soit « la stratégie de toute la population congolaise dans sa diversité ». Son Excellence Monsieur Nicolas Simard, Ambassadeur du Canada, a ensuite réaffirmé la volonté des partenaires du groupe One+One, qu’il co-dirige avec ONU Femmes, à soutenir la République démocratique du Congo et « travailler main dans la main pour lutter contre ce fléau ». Le groupe One+One rassemble les agences des Nations Unies et les partenaires techniques et financiers pour coordonner les actions de lutte contre les VBG en RDC.

Son Excellence Madame Béatrice Lomeya, Ministre du Genre, Famille et Enfant, a assuré que le gouvernement, qui a validé la révision de la SNVGB le 5 mai dernier, « ne va pas ménager d’effort dans la lutte contre les VGB. » Elle a appelé à changer la société congolaise en profondeur pour que la lutte contre les VBG ne soit « pas un slogan, mais une réalité ».

Excellences Élysée Munembwe et Béatrice Lomeya avec des invités de haut niveau au lancement de la Stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre révisée (SNVGB).
Excellences Élysée Munembwe et Béatrice Lomeya avec des invités de haut niveau au lancement de la Stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre révisée (SNVGB). Crédit photo: Carlos Ngeleka/ONU Femmes RDC

Pour finir, son Excellence Madame Élysée Munembwe, Vice-Ministre du Plan, a prononcé un mot d’encouragement et exhorté tous les membres du groupe thématique genre : société civile, secteur privé, partenaires internationaux et représentants du Gouvernement, à s’engager pour traduire la politique et les stratégies en matière de genre, comme la présente SNVGB en programmes et en projets concrets.

Cet événement conclue un processus qui a été initié en 2015 avec l’aide du Système des Nations Unies, la coordination de ONU Femmes et le soutien de nombreux partenaires tels que le Canada et la Suède. Tout au long du processus, de nombreuses consultations ont été menées avec les victimes et les survivantes dans les différentes régions de RDC, ainsi que des organisations de la société civile engagées dans la lutte contre les VBG, les ONG, les institutions publiques et les partenaires techniques et financiers.