Dans les propos de Béatrice : « Je suis fière d’être aujourd’hui capable de me prendre en charge. »

Béatrice, femme déplacée installée à Mutumbi après une guerre meurtrière menée par un groupe de rebelles dans son territoire d’origine, nous raconte son parcours de déplacée désespérée à femme entrepreneure.

Date : vendredi 23 avril 2021

Adriana Borra - Spécialiste en Communication

Membres d’un groupe de dialogue en Ituri autour de leur étalage de vente d'huile de palme, produit retenu dans le cadre de leur Activité génératrice des revenus commune.

Crédit photo : Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral (SOFEPADI)

« Dans mon village, nos maisons avaient été incendiées, les écoles et structures sanitaires détruites, les femmes violées et certaines personnes prises en otage. J’étais, par conséquent, contrainte de partir avec ma famille abandonnant nos champs et bétails, qui constituaient notre unique moyen de subsistance.

Arrivée à Mutumbi, je n’avais aucune occupation et j’étais désespérée depuis plusieurs mois. De temps en temps, j’essayais de faire quelques tâches dans le village (champ, triage des graines, …) pour pouvoir nourrir ma famille.

C’est alors qu’un jour, je fus informée que la Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral (SOFEPADI) identifiait les déplacées internes pour les assister. Intéressée, je me suis inscrite et suivais alors une formation avec les autres femmes déplacées sur le fonctionnement des Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit (AVEC), que je decouvrais. J’étais curieuse d’en savoir plus et j’espérais également que cela me sortirait de ma situation de précarité.

Formées, nous avons été regroupées à 20 dans une AVEC que nous avons baptisé MAPENDO (qui signifie « amour »). Le montant de notre contribution s’élevait à 1000FCFA, que nous donnions chaque samedi matin lors de notre réunion. Lorsque j’ai totalisé 20 parts sur mon compte et avec le montant de prêt ne dépassant pas le triple du capital, j’ai décidé de me lancer dans la vente de fretin. Grâce à cette activité, j’ai réussi à acheter un petit terrain qui me sert actuellement de champ. J’envisage ensuite de construire une maison moyenne pour enfin quitter la location.

Je remercie sincèrement le projet d’implication de la femme dans la consolidation de la paix, la résilience et l’égalité des genres lancé par SOFEPADI qui m’a permis d’être autonome et de voir mes enfants en meilleure santé. »

 

*Les noms ont été modifiés pour protéger la vie privée de la famille.

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Du 1er septembre 2019 au 30 juin 2020, la Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral (SOFEPADI) a réalisé un projet d’implication de la femme dans la consolidation de la paix, la résilience et l’égalité des genres dans les provinces de l’Ituri et du Nord Kivu en RDC. L’objectif principal était de contribuer à la consolidation de la paix et la promotion de l’égalité entre les genres dans les territoires d’Irumu et Djugu, en Province de l’Ituri, ainsi qu’en territoire de Beni, Nord-Kivu.

Le Fonds des Femmes pour la Paix et l’action Humanitaire (WPHF) est le seul mécanisme de financement international exclusivement consacré à encourager la participation des femmes dans les processus de paix et l’aide humanitaire. Spécifiquement conçu pour stimuler un changement significatif du rôle des femmes dans les zones de conflit et de post-conflit, il s’appuie sur le pouvoir habilitant du financement pour amplifier leur visibilité et soutenir le travail vital qu’elles fournissent pour la prévention des conflits, la réponse aux crises et l'accélération des processus de paix dans leurs communautés. Ce fonds soutient des initiatives qui ont des impacts concrets et durables. À ce jour, plus de 100 organisations locales de femmes dans 12 des 25 pays éligibles ont été subventionnées par le WPHF.

Plus d’informations :
  • Adriana Borra - Spécialiste en Communication - adriana.borra@unwomen.org