Les femmes et les filles dans la lutte contre l’instabilité et la violence : lancement du projet en pays Sénoufo

Date : mardi 28 juin 2016

Photo de famille après la cérémonie
Photo de famille après la cérémonie. Photo crédit ONU Femmes

C’est au son des balafons que la délégation de haut niveau venue d’Abidjan a été accueillie à Korhogo le dimanche 12 juin à l’occasion du lancement du projet de prévention de la vulnérabilité des femmes et des filles face à l’instabilité et la violence.

Le projet, financé par le Gouvernement du Japon et mis en œuvre par ONU Femmes Côte d’Ivoire en partenariat avec le Ministère de la Promotion de la Femme, de la Famille et de la Protection de l’Enfant (MPFFPE) vise à réduire la vulnérabilité des femmes et des filles face aux violences à travers l’autonomisation et l’éducation au sein des communautés. Le projet sera mis en œuvre dans toutes les zones du Nord de la Côte d’Ivoire jusqu’en mars 2017. Plus de 25'000 femmes, hommes et jeunes, seront concernés par les activités du projet : sensibilisations, formations en activités génératrices de revenus, alphabétisation.

Groupe de balafon Senoufo en accueil de la délégation de haut niveau
Groupe de balafon Senoufo en accueil de la délégation de haut niveau. Photo crédit ONU Femmes

Les régions frontalières avec le Mali et le Burkina Faso représentent une zone particulièrement vulnérable dans laquelle les femmes et les filles ont un rôle crucial à jouer en matière de sécurité humaine, d’où l’importance de renforcer leurs capacités et ainsi les autonomiser économiquement.

La Représentante Résidente d’ONU Femmes, Marie Goretti Nduwayo l’a ainsi rappelé en évoquant la récente politique d’enrôlement des jeunes filles à la gendarmerie et en soulignant : « Elles ne sont donc pas forcément les premières à prendre les armes et aller combattre l’ennemi, mais elles peuvent nourrir, héberger, entretenir, informer et guider, et peuvent très discrètement aider à prévenir toute situation d’insécurité ». A son tour, l’Ambassadeur du Japon, Son Excellence Monsieur Kawamura Hiroshi, a souligné l’engagement de son Gouvernement à travers la promesse du Premier Ministre, Shinzo Abe, lors du G7 dernier sur l’engagement de leur pays pour la promotion de l’autonomisation économique des femmes. Enfin, la Directrice de Cabinet du MPFFPE Madame Toure Grekou, représentant Madame la Ministre Euphrasie Kouassi Yao, a salué l’approche multisectorielle nécessaire à la lutte contre l’instabilité et la violence en rappelant l’importance du travail dans les cellules familiales.

Le projet de maraîchage expliqué par les femmes de l’organisation
Le projet de maraîchage expliqué par les femmes de l’organisation. Photo crédit ONU Femmes

La délégation venue d’Abidjan était constituée de représentants de Ministères sectoriels (Ministère de l’intérieur, Ministère de l’agriculture, Ministère de la Jeunesse et Affaires Sociales, Ministère du commerce), des femmes élues (députées et Maires) ainsi que des représentants des agences du système des Nations Unies (FAO, ONUSIDA, ONUDI, PNUD). Cette délégation, après avoir tout d’abord rencontré le chef des terres dans sa cour pour les libations traditionnelles, a non seulement été visiter un projet de maraîchage d’une organisation de femmes, mais a aussi effectué une visite auprès de l’Institution de Formation et d’Education Féminine (IFEF) de Korhogo. Les élèves des classes de couture et d’alphabétisation ont pu présenter leur travail tout en rappelant l’importance de l’éducation des filles.

Maire Goretti NDUWAYO, Représentante Résidente d’ONU Femmes, Son Excellent Ambassadeur du Japon
Maire Goretti NDUWAYO, Représentante Résidente d’ONU Femmes, Son Excellent Ambassadeur du Japon. Photo crédit ONU Femmes

La culture Senoufo étant à l’honneur, la cérémonie haute en couleurs a mélangé sons du balafon, danse et défilé des organisations féminines pour présenter la production locale. Enfin, c’est dans les rires que la cérémonie s’est clôturée, grâce à un sketch piquant et révélateur du poids des responsabilités pesant sur les femmes ainsi que la nécessité de l’autonomisation économique pour assurer un développement inclusif et durable ainsi que la sécurité humaine